Thomas Arditti: Une lutte apaisée

Au sortir de l’adolescence les médecins lui diagnostiquent un trouble mental psychotique.  thomas  a désormais 30 ans et renoue avec la vie dans notre ville de la Seyne-sur-mer grâce à un réseau associatif et municipal solide.

Originaire de Paris, Thomas avait tout de l’adolescent normal. Il échoue en terminal S, mais épris de liberté, il décide de se mettre à l’épreuve en partant plus d’un mois en montagne, dans les Pyrénées, sans donner de nouvelles à sa famille, morte d’inquiètude. On décide de l’aider et le couperet tombe… Thomas a besoin de médicaments à vie pour ne pas se mettre en danger. Arrivé à La Seyne-sur-Mer, il y a tout juste un an, il bénéficie d’un logement grâce à la convention entre l’AVAF et l’hôpital de jour de La Seyne

Un regard différent sur la maladie

Depuis 2014, la médiathèque Andrée Chedid accueille, chaque mercredi, plusieurs groupes d’IME (Instituts médicaux éducatifs) et des patients de l’hôpital de jour. Chantal, infirmière au service de psychiatrie, pousse Thomas à exposer ses dessins*, car entre bibliothécaires et personnels soignants, une collaboration étroite dans l’art thérapie s’est créée. Une façon pour les infirmières comme, Isabelle d’y trouver : « une responsabilisation, une socialisation et une ouverture sur le monde ». Les bibliothécaires sont formelles : « les lecteurs se sont habitués à côtoyer des personnes différentes, le bénéfice est dans les deux sens ». Thomas est aussi éléve à l’école des Beaux-Arts. Il est aujourd’hui heureux de l’attention qu’on lui accorde. Face aux épreuves qu’il a dû traverser pour ne pas céder à la pression de vivre une vie “normale », c’est-à-dire sans médicaments, il réussit à se concentrer sur l’essentiel : devenir paysan. Serein, sensible à la cause animale, il mène une vie saine, mais demeure bien timide. Alors, sachez-le, le beau Thomas est un cœur à prendre !

Lise Kubli