Le Revest-Brégaillon-Monaco : les camions de la discorde

Inquiétude et colère des CIL de La Seyne, soutenus par la Ville, face au “projet d’urbanisation en mer” de Monaco qui prévoit de déplacer, par camions, 2,2 millions de tonnes de pierres du Revest vers Brégaillon…

Deux cent cinquante poids lourds (dans les deux sens) par jour, cinq jours par semaine, de juillet 2017 à février 2018 puis de décembre 2018 à août 2019. C’est ce qu’il faut pour déplacer 2,2 millions de tonnes de rochers du Revest à Brégaillon, pour acheminer par bateau de quoi gagner 6 hectares sur la mer, à Monaco. Circulation, pollution, nuisances sonores, garanties de retombées locales sur l’emploi ou les infrastructures… Sur tous ces points, les Comités d’intérêt local (CIL) de La Seyne estiment que les deux opérateurs du projet, Bouygues TP et la SOMECA (carrière du Revest), qui décrivent un « chantier de 30 millions d’euros et 124 emplois », n’apportent pas de réponses convaincantes.

Selon eux, aucune vraie concertation n’a été conduite : « La population mérite de donner son opinion, puisqu’elle subira tous les inconvénients et aucun avantage en compensation. La base de toute démocratie oblige qu’une enquête publique soit diligentée, avec un cahier des charges complet et honnête. » De son côté, la municipalité de La Seyne, par la voix de son maire, a déjà fait savoir qu’elle comprend et partage les craintes des populations. « Tout doit être mis en œuvre dans l’intérêt de nos concitoyens et du territoire, prévient Anthony Civettini, adjoint au maire chargé de l’économie, et les contraintes de circulation vont bien au-delà du seul territoire seynois. »