Relevage des épaves : la contribution des plongeurs de la Marine nationale

Dans le cadre de la neuvième opération Rade propre, menée actuellement sur le littoral de Tamaris, la Marine nationale met à disposition son Groupe de plongeurs démineurs pour l’enlèvement des bateaux échoués immergés. Un renfort essentiel pour les services de la ville.

Le long de la corniche de Tamaris, c’est un éternel recommencement. Une vingtaine d’épaves sont relevées chaque année, généralement lors de deux interventions. Six bateaux échoués ont pu être dégagés en février dernier par les services municipaux, huit autres le seront d’ici le 2 juin, mais cette fois-ci avec l’appui de la Marine nationale, qui chaque année depuis 8 ans, conduit l’opération Rade propre : « Sur le site de La Seyne, on se focalise sur le relevage », précise le capitaine de vaisseau Sébastien Rosier, chef de la division Prévention, maîtrise des risques, environnement de la Préfecture maritime de Méditerranée.

« La Marine nationale, souligne-t-il, s’est engagée de façon volontaire pour participer activement à la protection de l’environnement autour de la rade depuis la signature du contrat de baie en 2002. Depuis 2010, elle a intégré l’opération Rade propre en mettant à disposition ses moyens pour effectuer le nettoyage en collaboration avec les communes des sites concernés. Cette opération consiste à relever les épaves qui ont coulé, celles-ci pouvant être en mauvais état. Des militaires aguerris et spécialisés du Groupe des plongeurs démineurs apportent leur concours pour les ramener sur le bord. »

Responsabilité des propriétaires

« La Ville ne peut pas procéder seule à l’intervention qui nécessite des moyens techniques spécifiques lorsque les coques sont immergées, explique la première adjointe Raphaële Leguen (en charge des relations avec la Marine Nationale). Il faut que des plongeurs posent des sangles et dégagent le bateau afin qu’il puisse être ramené. » L’épave est ensuite emportée par l’entreprise seynoise Rebornh, spécialisée dans la déconstruction, la dépollution et le recyclage des bateaux, avec laquelle la municipalité a signé un marché.

La mission dépasse d’ailleurs les compétences communales, puisqu’elle appartient à la Direction départementale des affaires maritimes (DDAM), comme le fait observer Jean-Luc Bigeard, adjoint délégué à la Prévention des risques. Mais la procédure est longue, sachant « qu’il est très compliqué de remonter jusqu’au propriétaire du bateau échoué », et dans les faits, la municipalité se voit contrainte d’intervenir.

Organisée pendant la Semaine du développement durable, « l’opération a une dimension emblématique. Elle permet de sensibiliser les plaisanciers qui doivent prendre conscience de leurs responsabilités et de ce que ça coûte à la collectivité », relève Denise Reverdito, adjointe déléguée à la cohérence territoriale durable, qui assistait, ce mercredi 30 mai, au relevage des épaves avec Raphaële Leguen, Jean-Luc Bigeard et Claude Astore, adjoint à la sécurité.

Les plongeurs de la Marine nationale sortent chaque année des eaux de « la plus belle rade d’Europe » quelque 200 m3 de détritus dont 10-12 vieilles coques.

laurence.artaud@la-seyne.fr

Après la tempête, quelle procédure ?

Après chaque largade, les services de la Ville produisent un rapport photos des embarcations échouées qu’ils transmettent, accompagné d’une déclaration écrite, à la Délégation de la mer et du littoral (DML), une entité de la Direction départementale des affaires maritimes (DDAM).

La DML a pour mission d’identifier le propriétaire du bateau grâce à son immatriculation, lorsque celle-ci est visible, afin de le mettre en demeure de procéder à l’enlèvement de l’épave.

Lorsque l’identification est impossible, la DML délivre une mainlevée autorisant la Ville à procéder au relevage, à la dépollution et à la déconstruction de l’épave, dans le cadre des pouvoirs du maire en matière de salubrité et de santé publique.

Le reportage de Var Azur TV