« Rappel à l’ordre » pour un retour en cours

L’absentéisme et le décrochage scolaire, deux maux traités dans le cadre du Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD).

Là encore, l’union fait la force. Celle d’une action saluée jusqu’au Parquet de Toulon qui avait sollicité un projet en direction de l’absentéisme et du décrochage scolaire au niveau de la Ville. La cellule alors mise en place – liée au volet Citoyenneté et de tranquillité publique du Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) – est opérationnelle depuis fin 2014. Et, bilan de l’année scolaire 2016-2017 en main, Hana Valentova, coordinatrice du CLSPD, rapporte que « les résultats sont excellents ». Autrement dit : la quasi-totalité des collégiens “rappelés à l’ordre” sont retournés en classe. Une performance qu’elle met ainsi au crédit d’un « dispositif assez riche et diversifié », associant le maire, représenté par son adjoint délégué à la prévention de la délinquance, Jean-Luc Bigeard, l’Éducation nationale, à savoir son service social et les chefs d’établissements, le procureur, la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), les polices municipale et nationale. Mais également les pompiers et les associations, en particulier l’APEA (Association de prévention et d’aide à l’insertion). Concrètement, « le principal du collège attire l’attention du maire sur “l’enfant décrocheur”, qui se met en relation avec ses partenaires. Un groupe de travail se réunit, on confronte nos idées, et nous sommes tous au même niveau d’information. L’intérêt, c’est que rien ne passe à travers les mailles du filet », explique Hana Valentova.

Rappel à l’ordre

Vient ensuite le très officiel rappel à l’ordre. « Les enfants sont convoqués avec leurs parents à l’Hôtel de Ville, en salle du conseil municipal, en présence du principal du collège, d’un représentant du Parquet, de la police », poursuit Jean-Luc Bigeard. « Un décorum » qui, selon lui, compte pour beaucoup dans l’impact de la démarche. Le rappel à l’ordre est alors prononcé, un engagement écrit est signé par la famille du mineur, engagement qui fera l’objet d’un suivi en lien avec le collège afin de vérifier qu’il est respecté. « Nous n’avons pas la prétention de traiter les problématiques lourdes qui relèvent du judiciaire », précise toutefois Hana Valentova. Mais « quand un gamin n’est pas à l’école, il est dans la rue », ajoute Jean-Luc Bigeard. Une porte d’entrée dans la délinquance. Pour lui, il s’agit donc d’« apporter un remède autre que la répression ». Or, aussi bien du point de vue de la coordinatrice du CLSPD que de celui de l’élu, traiter la situation à un tel échelon de proximité rend cette action pertinente et efficace. D’où l’idée de l’élargir aux incivilités et troubles à la tranquillité publique.

laurence.artaud@la-seyne.fr