Seguretat incendi, l’afaire de totei

Les Fonctionnaires et les bénévoles de la Réserve Communale de Sécurité Civile ont assuré tout l’été la surveillance des massifs, quand le mistral rendait les bois dangereux.

A l’intrada dau camin de Sicié, un panèu sus la bar­riera va ditz : « nivèu de risca incendi important… ». De costuma, Julie Castella passa de temps a passejar de vila en vila, a la broa dei bòscs, per dire ai proprietaris qu’es temps de desbrossalhar. Mai encuei la vaquí ambé lo vèstit de la Resèrva Comunala de Seguretat Civila, aquela foncionaria. E la joina frema passa de temps ambé lei menaires de veituras que volián passar la barriera. « E non, encuei es pas possible, la jornada es roja, l’arrestat prefectorau defende l’intrada dau massís ». Cu romega, cu contresta : « Aquela ! Bofa pas tant qu’aquò… Amb aquò, nautres qu’aviam previst lo dejunar sus l’èrba ! » E d’auçar leis espatlas un tresen : « Aquò li fa ren ! Serà per un autre còp lo jogging. O alòr en riba de mar, ai Sabletas ». Au cresten dau bèu – mai fragile – massís dau Sicié, Patric Bobbio tresplomba la mar. « Aprofiechi ma vigia per agachar tanben se li a pas de barca en dificultat amb aqueu mistrau ». A cima, fau dire que bofa. Mai es de l’autre costat, sus lei eusas, lei rores e lei pins que Patric, lo volontària, amira premier ambé sei pòrtavistas. Retirat fa gaire, aqueu cepon dau Ceucle Occitan de La Seina, es un dei quaranta benevòles qu’espinchan lei bòscs tot l’estiu, e assajan de faire partejar la cultura dau risca dei fuecs que totei se n’avisan pas. « En generau se debana pas tròp mau, mai s’eriam pas aquí, segur que plen de monde vendrián pasmens, e ambé l’incendi, lei secoristas serián constrenchs de lei sauvar a la plaça de luchar còntra lei flamas ». Deman, amb aqueu servici comunau, seis emplegats e sei benevòles, benlèu anaràn portar secors en de monde tocats per l’inondacion, coma s’es fa en 2010, dins d’autrei comunas. « Es la tòca dau Servici Comunau, lo premier cònsol pòt decidir d’una politica de seguretat civila, e nosautres, li siam lèsts », ajusta Patric Toulon, que baileja la logistica.

Michel Neumuller

Article rédigé en graphie classique, avec les suggestions lexicales de Pèire Brechet, professeur certifié d’Occitan Langue d’Oc.

LES MOTS QUI COMPTENT

Pessuc = pincée, peu de

Broa = lisière

Encuei = aujourd’hui

Eusa = chêne vert

Pòrtavistas = jumelles optiques

Rore = chêne blanc

Tòca = but, manière

La sécurité incendie l’affaire de tous

A l’entrée du chemin de Sicié, un panneau sur la barrière annonce : “ Niveau de risque incendie important…”. D’habitude, Julie Castella consacre du temps à promener de ville en ville, à la lisière des forêts, pour dire aux propriétaires que c’est le moment de débroussailler. Mais aujourd’hui la voici en tenue de la Réserve Communale de Sécurité Civile, cette fonctionnaire. La jeune femme s’occupe des automobilistes qui voulaient franchir la barrière. “ Et non, aujourd’hui, ce n’est pas possible, la journée est rouge, l’arrêté préfectoral interdit l’entrée du massif.”

Il y a ceux qui râlent, ceux qui contestent : “Pourtant, il n’y a pas beaucoup de vent… Et nous qui voulions pique-niquer !” Un troisième hausse les épaules : “Ce n’est pas grave ! Le jogging, ce sera pour une autre fois. Ou alors au bord de mer, aux Sablettes.”

Sur la crête du beau, mais fragile, massif de Sicié, Patrick Bobbio surplombe la mer. «  Je profite de ma vigie pour regarder aussi s’il n’y a pas de bateaux en difficulté avec ce mistral. » A la cime, il faut dire que ça souffle. Mais c’est de l’autre côté sur les chênes verts, les chênes et les pins que Patrick, le volontaire, dirige d’abord sa longue vue.

En retraite depuis peu, ce fidèle du Cercle Occitan de La Seyne, est un des quarante bénévoles qui guettent les bois tout l’été, et essaient de faire partager la culture du risque des feux car tous n’en ont pas conscience.

« En général, ça se passe pas trop mal, mais si nous n’étions pas là, il est certain que beaucoup trop de monde viendrait, et avec l’incendie, les secouristes devraient s’occuper de les sauver en priorité au lieu de lutter contre les flammes ».

C’est là le rôle de Didier Gauthier, chargé de ce risque à la Commune. « Si nous étions ailleurs qu’en France, nous n’aurions pas à discuter sans cesse de l’application de la Loi et assurer la sécurité serait plus facile », souligne-t-il, avec un brin de fatalisme.

Il est certain que les grands feux du mois d’août à Martigues et sur la Côte Bleue, sont loin, pour les Varois. Et pourtant ce ne serait pas la première fois qu’un coup de feu dévasterait toute une zone. « De ça, je n’en veux pas » nous dit Patrick, le volontaire. « Ces collines, je les fréquente depuis toujours, et leur grande diversité, il n’est pas question de la voir brûler ».

Demain, le service municipal, employés et bénévoles, iront peut-être porter secours aux victimes d’une inondation, comme en 2010, dans d’autres communes. « C’est le rôle du Service Communal, le maire peut décider d’une politique de sécurité civile, et nous, nous y sommes prêts », ajouté Patrick Toulon, qui dirige la logistique.

Patrick, l’autre, une fois de plus, lève ses jumelles, à la crête de Sicié, Pas de fumée… Heureusement. « Se mobiliser avant, parfois, évite de le faire après… »