Un premier rescòntre de còrs d’òc

Le 27 février, un concert gratuit a réuni à l’Eglise de Berthe, trois choeurs amateurs d’expression provençale. Le Choeur du Ceucle Occitan, lui, propose régulièrement ses créations, contemporaines, et inspirées par des faits de société.

Es pas lo premier còp que parlam aquí de la còla cantairitz dau Ceucle Occitan de La Seina. A la prima, quand cantèron au Festivau Cantar lo País, li aviam donat la paraula. Mai a l’ora d’ara, vaquí-lei que se fan organisaires. « Avèm vòugut favorisar un rescòntre d’aqueleis amators qu’esperlòngan, que fan viure la bèla tradicion dei còrs d’amators », que nos ditz Miqueu Tornan, eu qu’endraièt aquela iniciativa e baileja lo Còr seinenc dau Ceucle Occitan. Lo recampament dei còrs se farà a la Glèisa de Sant Joan Baptista de Berthe, que lo curat n’a bèn vòugut aculhir lei tres gropes que faguèron lo programa d’aqueu dissabte 27 de febrier. L’après-dinnar l’i cantèron, segur, lo Ceucle, ambé la Farigouleto de La Gardi, e lo grope Cardelina. Lei premiers auràn passat la rada per s’encalar a La Seina lo temps dau concèrt, lei segons, elei, auràn davalat de sei montanhetas dau País de Faiença. La Farigouleto canta de tradicionaus provençaus e Cardelina relarga son repertòri a tota l’Occitània. Lo Ceucle Occitan de La Seina se fa una obligacion de presentar seis òbras. « Per o dire simplament, assajam de faire viure la tradicien dau “poèta-païsan”, aqueu que trabalha d’un latz, e que tròba d’un autre latz » qu’ajusta Miqueu Tournan.Aqueleis afogats segur vòlon faire partejar, despuei Faiença, La Garda o La Seina, una autra passion, per sa lenga, aquela que ditz lo  país, e nòstre temps. « La lenga que s’entend plus tant per carrieras, e cantar occitan es coma contunhar de dire au public : « ta lenga es e es druda ». Un biais estrani segur, mai bèn agradiu a l’aurelha : donar la clau de nòstra cultura.

Michel Neumuller

Ecrit en graphie classique, avec les suggestions
lexicales de Pèire Brechet, professeur
certifié d’occitan-langue d’oc.

LS 66 Cantar ceucle

Les mots qui comptent

Afogat = passionné, enflammé
Còla = équipe
D’un latz… d’un autre latz =
d’une part… d’autre part
Drud = vif
S’encalar = ici fig. se
fixer un moment

Une première rencontre des chœurs d’oc amateurs à La Seyne

Ce n’est pas la première fois que nous parlons ici de l’équipe de chanteurs du Cercle Occitan de La Seyne. Au printemps, quand ils avaient fait sonner son chant au Festival Chanter le pays, nous leur avions donné la parole.

Mais à présent les voilà organisateurs. « Nous avons voulu favoriser la rencontre de ces amateurs qui prolongent, font vivre la belle tradition des chœurs d’amateurs », nous dit Michel Tournan, qui est à l’origine de cette initiative et dirige le Chœur seynois du Cercle Occitan.

La rencontre des chœurs se fera à l’église Saint Jean de Berthe, dont le curé a bien voulu accueillir les trois groupes qui ont fait le programme de ce samedi 27 février. L’après-midi y a chanté bien sûr le Cercle, la Farigoulette de La Garde et le groupe Cardeline.

Les premiers auront traversé la rade pour se poser à La Seyne le temps du concert, les seconds, eux, auront descendu depuis les collines du pays de Fayence. La Farigoulette chante des traditionnels provençaux et Cardeline élargit son répertoire à toute l’Occitanie.

Mais le Cercle Occitan de La Seyne se fait une obligation de présenter ses propres créations. « Pour le dire simplement, nous essayons de faire vivre la tradition du poète-paysan, celui qui travaille d’un côté, et qui crée de l’autre », ajoute Michel Tournan.

Il y a déjà quelques années, nous avions remarqué l’équipe du Cercle, car elle avait fait résonner sur la scène le chant de Gérard Tautil, Les chantous. A partir du traumatisme que représenta la fermeture des chantiers navals de La Seyne, le professeur seynois avait écrit ce texte qui se présente comme une galerie d’ouvriers inconnus mais qui avaient fait la vie du pays : « Ah ! Madame Icard et Castèu Bana/ vous ne pouvez guetter la mer/ et au delà des parc marins/ les derniers pêcheurs vous échappent/ Où est le travail des mains/ Mimi, Roger, Toine, disparus/ vous n’irez plus chercher Molinari… »

Mais depuis, au Cercle, la création est devenue une sorte de respiration artistique. Plusieurs textes, à présent, sont écrits par les membres. L’un d’entre eux, Alain Andréoli, bien connu pour sa passion de la voile, a proposé Le Vent, que Michel Tournan a mis en musique. Il devait être au répertoire de la Saint Jean de Berthe.

« Nous ne sommes que des hommes et des femmes qui gambergent à ce qu’ils voient autour d’eux », souligne Michel Tournan. Le maître de chœur, tient à le dire : « notre inspiration vient de ce qui se passe autour de nous. Et notre répertoire est le reflet des préoccupations du temps. C’est pour cela que nous chantons Egalité, le chant de Gaston Beltrame, mort il y a presque trente ans. C’est qu’il est d’actualité. »

Ces passionnés veulent, bien sûr, faire partager, depuis Fayence, La Garde ou La Seyne, une autre passion, celle pour la langue, celle qui dit le pays, et notre temps.

« On ne l’entend plus beaucoup dans la rue, et chanter en occitan est comme continuer de dire au public : Ta langue est noble et riche ». Une situation certainement étrange, mais bien agréable à l’oreille que celui de forger la clé de notre culture.