Pont-dansant ! 

Des élèves de terminale spécialité arts-danse du lycée Beaussier, la compagnie Artmacadam, et des migrants de l’association « L’autre, c’est nous » ont réalisé une performance chorégraphique sur le Pont-Levant.

Cette fois encore, Artmacadam, par sa démarche de sensibilisation des publics et son habitude d’investir l’in situ, accompagne le travail artistique des élèves de terminale option arts-danse. « Prendre en compte, l’architecture, son environnement et la symbolique de l’espace pour créer un rendez-vous poétique. S’interroger sur les différents ponts traversés dans nos vies, d’un âge à un autre, d’un pays à l’autre, d’un statut social à un autre, d’une personne à l’autre. » Un thème cher à la compagnie et à Ingrid Marignan, professeure de français et responsable de l’option danse au lycée Beaussier.

Par le mouvement, la mise en espace et la poésie, des jeunes d’ici et d’ailleurs, dans une volonté de partage d’un espace symbolique, expriment leur être au monde. Une action qui s’inscrit dans le projet Erasmus « mille visages d’Europe » où un groupe d’étudiants (grecs, italiens, espagnols et seynois) voyage à travers l’Europe et capitalise des vidéos, témoignages d’actions, d’expériences éducatives, artistiques et humaines.

Ainsi, la performance, qui s’était étalée du môle de la Paix jusqu’au belvédère du pont-levant, était constituée de cinq saynètes : passages, messages, rouages, station et les vivants. Les visiteurs pouvaient déambuler à tous les étages pour contempler le travail des étudiants. Puisant des références dans la peinture, la poésie, la danse, la chanson, ou encore l’actualité, la performance a su faire appel à la mémoire collective et aux souvenirs de tout un chacun. Un seul regret, un ascenseur défectueux. « On a du faire avec, et s’organiser pour pouvoir faire monter à tour de rôle les spectateurs. Mais bon, c’est ça la perf ! » s’amuse Hélène Charles, chorégraphe de la compagnie Artmacadam. Un exercice difficile qui servira surtout d’entraînement pour l’épreuve du baccalauréat : « A la fin de l’année, il auront à chorégraphier une composition personnelle. Ce type d’expérience les confronte à l’acte de créer en prenant en compte les contraintes d’espace, de temps et de l’autre. » conclut Ingrid Marignan.

Florian Olivieri