Orange Marine relie La Seyne à Singapour

Le 1er mars dernier, plage des Sablettes, Orange Marine a procédé à l’atterrissement d’un câble Internet sous-marin de 20 000 kilomètres reliant l’Asie à la France, via 17 pays.

SEA-ME-WE 5. De l’anglais South East Asia – Middle East – Western Europe. Cinquième du genre, ce câble en fibre optique, composé de 96 fils en silicium, relie désormais par Internet notre pays à l’Asie : « L’axe Europe – Asie connaît une croissance annuelle de 30 à 40%. Notre consortium, qui rassemble 15 opérateurs, investit plusieurs centaines de millions d’euros dans l’opération », explique Jean-Luc Vuillemin, directeur des réseaux internationaux du groupe Orange. Une opération complexe techniquement et politiquement : « Le câble, d’une capacité de 24 Térabits seconde (NDLR : trois à quatre fois le trafic échangé sur le réseau Orange en France), doit d’une part consolider notre lien avec l’Afrique via Djibouti, d’autre part renforcer l’axe Europe-Asie », poursuit-il.

17 pays seront ainsi desservis à la fin de l’année : France, Italie, Turquie, Égypte, Arabie Saoudite, Yémen, Djibouti, Sultanat d’Oman, Émirats arabes unis, Qatar, Pakistan, Sri Lanka, Bangladesh, Birmanie, Indonésie, Malaisie et Singapour.

Plus près de nous, le lien terrestre vers le Data center interxion de Marseille renforce le rôle de la région pour les échanges internationaux. 99% des liaisons Internet passent en effet par des lignes sous-marines…

gwendal.audran@leseynois.fr

Atterrissage réussi

Le 1er mars dernier, le Teliri d’Elettra mouillait en baie des Sablettes, après avoir déployé l’ultime segment du câble depuis Catane (Sicile). « Le navire ne peut approcher à moins de 15 mètres de fond. Le câble est donc tiré depuis la terre, maintenu par des bouées », fait remarquer Raynald Leconte, président d’Orange Marine. Au pied du carroussel, une dizaine d’ouvriers s’affairent autour d’un treuil. Bientôt, le câble posé l’an dernier pour MEUST * sera accompagné par le SEA-ME-WE 5. « Des plongeurs seront chargés d’ensouiller le câble à 1 mètre de profondeur dans le périmètre de la baie. Plus loin, dans les eaux territoriales, on va jusqu’à 3 mètres de profondeur à l’aide de nos robots sous-marins ». Les activités de pêche hauturière et les mouvements sismiques sont en effet les deux facteurs de détérioration des câbles. Depuis 10 ans, les 6 navires câbliers d’Orange Marine ont totalisé 530 réparations sur des lignes intercontinentales, dont certaines à 5 500 mètres de profondeur.

*Mediterranean eurocentre for underwater sciences and technologies. L’acronyme désigne l’observatoire sous-marin au large de Porquerolles destiné à affiner les découvertes d’Antarès en matière de neutrinos, toujours sous l’égide du Centre de physique des particules de Marseille (CPPM).

« Un lien historique avec notre Ville »

Le maire, Marc Vuillemot, était convié à la base des navires câbliers à Brégaillon. « De l’arrivée du premier navire, en 1860, à la construction de la base, en 1883, une longue histoire d’amour lie les câbliers à La Seyne », remarque le maire. « Il y a bien eu des périodes d’incertitudes, à la fermeture des chantiers dans les années 80 (NDLR : le site, qui abritait alors une plage, était l’objet de convoitises de promoteurs). Or il eut été dommage de mettre tous les œufs dans un même panier », poursuit le premier magistrat dont le père était employé sur les câbliers des PTT d’alors. Le développement du technopôle de la mer à Ollioules et son débouché maritime à La Seyne le confirme aujourd’hui : « Orange Marine demeure un acteur du bassin d’emploi local. C’est une fenêtre ouverte sur l’international. Votre coopération avec le ministère des Finances a par ailleurs permis l’arrivée sur vos quais du patrouilleur des douanes Jean-François Deniau », note Marc Vuillemot.