« Nos paysages sont beaux, protégeons-les ! »

Jusqu’en juin 2017, le musée Balaguier propose une exposition sur la nouvelle Aire de Mise en Valeur de l’Architecture et du Paysage (AVAP) : un schéma d’aménagement pour développer Balaguier, Tamaris, Les Sablettes et la baie du Lazaret sans altérer les richesses patrimoniales, paysagères et culturelles de la corniche.

On parlait jusque-là de ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager). L’AVAP (Aire de Mise en Valeur de l’Architecture et du Paysage) la remplace désormais, la dimension maritime en plus : « A l’instar des cabanes tchanquées du bassin d’Arcachon ou des cabanes ostréïcoles de Marennes-Oléron, les parcs aquacoles de la baie du Lazaret caractérisent au premier coup d’oeil notre littoral », note la conseillère municipale en charge du patrimoine, Florence Cyrulnik. « Si la classification AVAP se déroule sous l’autorité du ministère de la Culture et de la Communication sur des critères esthétiques et culturels, ici, la beauté des paysages est aussi le principal argument économique ». « Il s’agit de ne pas faire n’importe quoi, précise Nathalie Milan, de la Maison de l’Habitat. L’AVAP est une servitude d’utilité publique, qui s’impose au Plan local d’urbanisme ». L’exposition, réalisée à partir du fonds municipal, occupe les salles de la tour. Elle s’articule en deux volets. « Le premier retrace la villégiature, le patrimoine militaire et l’exploitation économique de la baie du Lazaret », décrit Julien Gomez-Estienne, commissaire de l’exposition. Parallèlement à l’empreinte de Michel Pacha, transparaît l’activité humaine, permanente : « A travers le paysage, on perçoit des usages touristiques et économiques. Joggeurs, pêcheurs, baigneurs et promeneurs animent au quotidien la corniche. Tamaris compte la seule cale publique de la rade », poursuit-il. « La qualité de l’eau, encadrée par le contrat de baie, dépend d’un équilibre entre exploitations aquacoles et développement de la plaisance, renchérit Florence Cyrulnik. La vitesse des bateaux est réglementée entre autres pour éviter de décrocher les moules de leur corde ; la taille et l’aspect des cabanes sont maîtrisés en cohérence avec les machines qu’elles hébergent ».

Des usages de l’AVAP

Deuxième volet de l’exposition, les usages à venir de cette aire littorale : « On distingue trois projets, détaille Nathalie Milan. L’Eguillette, côté colline, concerne la rénovation des ateliers (ndlr : autrefois appelés Etablissements de l’Eguillette) en lofts. Cette dernière devra se faire en conservant l’espace boisé ». Deuxième projet, les ex-chantiers du Midi, propriété des CNIM : « La grande usine devra accueillir un projet hôtelier de qualité, insiste Florence Cyrulnik. Il devra s’inscrire dans le volume général des constructions existantes ». Troisième et dernier projet, la réfection du quai des Vieux gréements et du pré aux bateaux, à Balaguier : « Ce dernier doit accueillir un chantier patrimonial pour pointus, avec toute la transmission des savoir-faire, véritable patrimoine immatériel », conclut Julien Gomez-Estienne.

gwendal.audran@leseynois.fr

Gratuite le mercredi et le premier dimanche du mois, l’exposition sera visible jusqu’en juin 2017.

Le fruit d’une concertation

« L’AVAP est le fruit d’une concertation au sein d’une commission locale de l’AVAP (CLAVAP) » insiste Florence Cyrulnik qui la préside. Cette CLAVAP associe François Gondran, de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC), la préfecture du Var, la Direction départementale des Territoires et de la Mer (DDTM), la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), les élus seynois, Raphaële Leguen, première adjointe, par ailleurs présidente nationale du Conseil maritime des façades, Anthony Civettini, Denise Reverdito, Christian Pichard, Nathalie Bicais et des représentants du monde économique et associatif, Yolande Le Gallo (HPS), Patrick Ber­tonèche (ASET), Olivier Otto, président du syndicat des aquaculteurs, et Guy Herrouin pour le Pôle mer.