Marc Vuillemot : « La sécurité ? Une priorité »

Le 14 juin, La Seyne accueille la 7e étape d’un “Tour de France des solutions” dans le cadre des Etats généraux de la politique de la ville. La sécurité en sera l’un des principaux thèmes. Un rendez-vous d’acteurs de terrain venus de toute la France, élus, associations, représentants des pouvoirs publics pour confronter leurs expériences, réfléchir à de nouvelles voies…

Vous qui êtes l’un des organisateurs de ce « tour de France » et le maire accueillant cette 7e rencontre, considérez-vous la sécurité comme une priorité ?
Marc Vuillemot : Oui, clairement, et depuis toujours. J’ai d’ailleurs insisté pour que ce thème soit abordé, ici, à La Seyne. Je souhaite que nous en profitions pour progresser encore. C’est Jean-Louis Borloo, dans son récent rapport au Président de la République sur les quartiers “politique de la ville” qui déclare : “La protection est un droit absolu, c’est la première obligation de l’État, c’est la première demande des citoyens”. Complètement d’accord. Je suis de ceux qui ont participé à la rédaction de ce rapport, fruit de la concertation de nombreux élus locaux, de tous horizons politiques, d’acteurs de terrain de tous ordres, d’associations… Nous demandons tous à ce que l’on passe aux actes. Dans ce domaine comme dans d’autres.

Le sujet vous mobilise parce que la situation de La Seyne est plus grave qu’ailleurs ?
Non, c’est une question à laquelle tous les maires sont confrontés. Comme partout, l’ensemble de notre territoire est concerné. Mais ce sont souvent les plus démunis qui sont les premières victimes. Un exemple extrême, mais ô combien révélateur : lorsque des pompiers sont empêchés par un groupe de délinquants d’intervenir contre un départ d’incendie, dans un immeuble, on atteint l’insupportable. La République ne doit pas accepter cela. Mais la sécurité, prévention et répression, concerne notre quotidien à toutes et tous.

Prévention mais aussi “répression” ? Le mot a souvent choqué, à gauche…
C’est une idée reçue. Comme mes concitoyens, ce qui a tendance à me choquer, profondément, c’est plutôt l’absence de règles ou de respect des règles. Ce qui est choquant, c’est le laisser-faire, le laisser-aller, bref, le recul de la République dans notre vie quotidienne. Lorsqu’il s’agit de faire respecter la loi républicaine, que serait la prévention s’il n’y avait jamais sanction ? C’est un tout, indissociable, auquel nous travaillons, sans relâche, avec les pouvoirs publics, police et justice.

La Seyne a-t-elle progressé en matière de sécurité ?
Déjà, je saisis cette occasion pour réaffirmer que notre Police municipale, régulièrement félicitée par les autorités publiques pour sa parfaite collaboration avec la Police nationale, constitue une force réelle. Elle est en constant progrès dans son professionnalisme. En 2014, la Convention de coordination des polices municipale et nationale signée avec le Préfet de l’époque a été un levier considérable pour coordonner et rendre ainsi plus performantes les forces sur le terrain. Et notre dispositif s’améliore sans cesse : patrouilles aux horaires adaptés aux commerçants, doublement d’équipes le week-end, utilisation plus efficace de la vidéosurveillance, qui permet concrètement de rassurer nos concitoyens…

Existe-t-il un dispositif global de sécurité ?
En lien avec l’Etat, un Contrat local de sécurité (CLS) est en place à La Seyne. Il couvre tous les domaines, tranquillité publique, sécurité routière, justice de proximité, cellules addictives, préventions dites « primaires »…

Comment organise-t-on la prévention ?
C’est un travail énorme, permanent, souvent invisible. Il s’agit de faire converger les forces des associations spécialisées, de l’Etat, de la Commune, des Polices nationale et municipale, de la Justice… Tout cela dans le cadre d’un Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). Je veux saluer tous les partenaires qui accomplissent des miracles, avec des moyens en baisse constante, il faut le souligner.

En matière de prévention et de sécurité, tout est lié…
Bien sûr ! Il faut évoquer la lutte contre toutes les violences faites aux individus (dont les violences conjugales, bien sûr) ou encore la prévention de la radicalisation… On sait également toute l’utilité des activités culturelles ou sportives qui éloignent les jeunes de la délinquance… Citons également la prévention de la récidive : La Seyne collabore depuis longtemps avec les autorités pénitentiaires sur des Travaux d’intérêt général (152 personnes concernées depuis 2011), dans des chantiers de débroussaillement, par exemple…

Et la lutte contre le décrochage scolaire ?
Ce pouvoir de « rappel à l’ordre » du maire, je tiens à l’exercer pleinement. Là encore, une cellule regroupe la Ville, l’Education nationale, la Police et la Justice, et reçoit en mairie les jeunes en danger de rupture scolaire, avec leurs parents. Elle connaît un taux de réussite proche des 100 %… Cela donne de l’espoir, et confirme toute l’importance de l’intervention publique.

L’espace public est également un enjeu…
Partout, les acteurs de la ville, municipalité, associations, commerçants doivent poursuivre leurs efforts sans se décourager. Les initiatives culturelles, festives (animations de commerçants, Vendredis de Bourradet, Fête de la soupe, sport en pied d’immeuble, etc.) contribuent énormément à créer les conditions de la tranquillité publique. Elles contribuent, positivement, pacifiquement, par l’action collective, à réduire les territoires de l’incivilité, de la violence et de la délinquance…