Malaury Viardot : soldat des airs

A 28 ans, Malaury Viardot a réalisé son rêve d’enfance : pilote d’hélicoptère de combat. Lieutenant au 1er régiment d’hélicoptère de combat à Phalsbourg (Moselle), il décrit son cursus dans un ouvrage.

Ni fils de militaire, ni héritier de l’aéronautique. Rien ne prédestinait le jeune footballeur du FCS, lycéen à Beaussier, à devenir un jour pilote d’hélicoptère de combat. Et pourtant, une journée porte-ouverte à l’Ecole de l’aviation légère de l’Armée de terre (EALAT) au Cannet-des-Maures* confirme sa passion naissante : « Je rêvais Top Gun, confie le jeune lieutenant. J’ai découvert que voler n’impliquait pas forcément de passer par des classes préparatoires ». Direction le Centre d’information et de recrutement des forces armées de Toulon : « Avant de sauter le pas, j’ai préféré valider ma licence de droit, même si le bac suffit pour aborder les tests », poursuit-il.

Le Centre de sélection et d’orientation de Lyon est sa première étape : « Epreuves physiques, psychomotrices, anglais et bilan santé se succèdent. L’objectif est de faire partie des 10 sélectionnés pour le fort de Vincennes », raconte Malaury Viardot. Les épreuves parisiennes s’étalent alors sur 48 heures. « On doit montrer nos facultés d’adaptation sur un simulateur de vol Gazelle (NDLR : hélicoptère de combat de l’armée française depuis les années 70) ». Synchroniser palonnier (pieds), manche cyclique (main droite) et pas général (main gauche) permet d’atteindre l’objectif assigné sur l’écran : « On recherche une progression sur deux jours dans ce test dissociant les attentions ». De nouveaux entretiens doivent par ailleurs confirmer la fibre du candidat, « militaire avant d’être pilote ».

En janvier 2012, lauréat, Malaury Viardot signe donc son premier contrat pour deux ans de formation : « On commence par quatre mois de classes à Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan), avant de descendre à Dax (Landes), à la base école Général Navelet », décrit-il. C’est là qu’il aperçoit les premiers hélicoptères. « On commence par la théorie, avec l’apprentissage des moteurs, de l’avionique, du droit aérien et de la météorologie ». La pratique sur les hélicoptères écoles Calliope débouche sur le brevet européen de pilote (CPL pour Commercial Pilot Licence). « Chaque vol est noté par une couleur. Il faut apprendre vite et bien (une heure de vol coûte 1000 euros). En vol de nuit, on doit savoir naviguer, utiliser des jumelles de vision nocturne… ».

A l’issue, les élèves pilotes choisissent le type d’hélicoptère (Tigre, Gazelle, Puma, Caïman) selon leur classement. « J’ai rejoint la base du Cannet des Maures pour une formation sur Gazelle. Cette formation, sur 13 mois, en plus de la spécialisation sur hélicoptère d’arme envisage tous les scenarii via des stages inter Armées (amerrissages, crashs en territoire ennemi…) ».

En octobre 2014, voici le sous-lieutenant Malaury Viardot affecté au 1er régiment d’hélicoptère de combat à Phalsbourg. C’est depuis le régiment mosellan que le Seynois partira successivement au Niger (Opération Barkhane) puis en Côte d’Ivoire (Exercice interarmées) : « Aucune opération ne se déroule sans hélicoptères. Sur ces grandes étendues, on se sent vraiment utiles pour le pays et ses camarades. C’est aussi pour présenter ces missions que j’ai voulu écrire ce livre et surtout pour montrer que c’est un rêve accessible »

gwendal.audran@la-seyne.fr

*Nous adressons toutes nos condoléances aux familles des victimes de la catastrophe du 2 février dernier

« Devenez pilote d’hélicoptère de combat » aux éditions Cépaduès

Prix littéraire UNAALAT 2017

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