Les fondamentaux du vivre-ensemble se travaillent en vacances

Camping, sport et culture… Le foyer Wallon Berthe offre aux jeunes du quartier un bol d’oxygène pour mieux acquérir leur liberté.

« Qu’est ce que nous avons en commun ? » Cette question, des adolescents de Casablanca, de Berlin et de La Seyne vont y réfléchir ensemble, au Maroc cet été, en Allemagne l’été prochain, ici cet automne. Citoyenneté et écologie seront au cœur de cet échange culturel, l’un des projets phares du programme du foyer Wallon Berthe. Le foyer Wallon Berthe, c’est un port d’attache en pleine cité au départ duquel beaucoup de ses jeunes habitants mettent les voiles chaque été. Cap vers l’autonomie. Quel que soit le cadre, y compris pour les plus jeunes en accueil de loisirs à l’école Jean-Zay (où interviennent les animateurs du foyer), « on essaie de proposer des projets d’engagement, de faire en sorte que ce soient eux qui les mènent », précise la directrice de la structure, Anne-Laurence Petetin. Les 15-17 ans partent carrément en camps semi-autonomes à Avignon ou à Embrun dans les Alpes, « ils gèrent leur budget, ils se débrouillent. On leur donne la liberté de faire, mais dans un cadre sécurisé », raconte la responsable. Au festival d’Avignon – en partenariat avec le service jeunesse de la Ville -, les ados « découvrent autre chose, apprennent à avoir l’esprit critique… » Et comme « les fondamentaux du vivre-ensemble » sont le moteur de chacune des propositions du foyer Wallon-Berthe, quelle meilleure école que le camping ? C’est donc également sous tentes, dans le Verdon, que « des jeunes qui ne sont pas forcément inscrits dans les structures municipales ou associatives, et qui n’ont pas l’occasion de partir » vivent une aventure estivale. Ces mini-camps sont organisés en lien avec l’APEA (Association de prévention et d’aide à l’insertion). « On travaille sur la différence, la complémentarité, le bien manger », souligne Anne-Laurence Petetin. Quant aux plus petits, « c’est souvent leur premier départ du quartier, la première fois qu’ils quittent les parents ». Entre deux sorties, personne ne reste à quai puisque les jeunes profitent aussi ici, de la foule d’activités proposées par la Ville et les associations, notamment dans le cadre du dispositif Bouge ton été. Après les activités sportives de la journée, ils se retrouvent en fin d’après-midi « autour d’un spectacle, d’un ciné d’un match ou d’un repas ». Car ne peut que constater la directrice du foyer, « ce qui les anime c’est d’être ensemble ». Durant l’année scolaire, l’« espace de vie » adossé au collège Henri Wallon accueille les élèves avant et après l’école. « C’est un endroit neutre pour se retrouver », l’idée étant « d’impulser des activités afin d’encourager les jeunes à s’exprimer ». Pendant l’été, la structure reste donc un vrai point d’ancrage dans le quartier.

laurence.artaud@la-seyne.fr