Les câbliers de la Belle époque aux Trente glorieuses

Vendredi 24 novembre, avec l’association des Amis des câbles sous-marins (AACSM), Gérard Fouchard, ingénieur spécialiste des communications sous-marineS, a animé au Transbordeur, 32 avenue Gambetta, une conférence gratuite sur les navires-câbliers à La Seyne sur Mer de la Belle époque aux 30 glorieuses.

Depuis 1865, la silhouette des navires-câbliers est présente dans la rade et fait partie de l’environnement des Seynois. Peu toutefois savent que la base marine d’Orange a été construite entre 1881 et 1883 au moment du « comblage », c’est-à-dire du tout début de la construction du port de Brégaillon.

Ainsi, à la « Belle époque », entre 1880 et 1914, la France a défini sa politique des câbles sous-marins télégraphiques. Elle était très en retard sur les Britanniques qui avaient déjà connecté Londres à l’ensemble des colonies de la Couronne. L’usine de La Seyne reste en exploitation jusqu’en 1956 et fabrique des câbles sous-marins à la demande. Le panache de fumée noire qui s’échappe de la cheminée annonce aux Seynois la prochaine fabrication et une embauche pendant plusieurs semaines. Une fabrication demande plusieurs centaines d’ouvriers en plus des permanents du câblier La Charente et de l’usine. Si les images des navires sont courantes, celles de l’usine sont rares. La presse relate parfois la visite d’une personnalité parisienne ou d’un parlementaire en mission. Le secret est la règle. En 1956, le développement du téléphone et les premiers satellites obligent à fermer l’usine.

Au cours des années 70, le câble sous-marin renait pour transmettre le téléphone au-delà des mers. L’administration des PTT lance un grand programme d’équipement et de transformation de la vieille usine pour créer un grand complexe maritime orienté vers l’entretien des câbles sous-marins téléphoniques de la Méditerranée. La darse des câbliers est agrandie et approfondie pour accueillir des navires modernes, le Marcel Bayard (1961) et le Vercors (1974). Doté d’un centre d’exploitation de circuits internationaux, ce vaste complexe des télécommunications sert de vitrine à la politique industrielle des télécommunications françaises et constitue également le premier élément du port de commerce de Brégaillon. L’auteur relate cette période de 25 ans entre 1970 et 1985 au cours de laquelle, le téléphone est devenu un objet usuel et où La Seyne était au centre du monde des … sous-marins. Aujourd’hui, à l’heure de l’Internet, l’opérateur historique Orange tire profit de 150 ans d’expérience dans l’entretien du réseau de Méditerranée, de la mer Noire et de la mer Rouge et vous trouvez quelquefois un navire en attente dans la darse des câbliers, le NC Raymond Croze

Des PTT à Orange Marine

Gérard Fouchard a fait toute sa carrière dans les câbles sous-marins. Ingénieur des travaux, chef de mission à bord des navires câbliers (1965-1973), il est ensuite chargé de la reconversion de l’usine de La Seyne sur Mer en base d’entretien du réseau de Méditerranée (1974-1983). Ensuite, il travaille à la promotion de câbles sous-marins reliant l’Europe à l’Asie du sud-est (Systèmes SEA-ME-WE).

Depuis 1999, il est consultant, orientant ses activités vers la recherche avec l’installation du projet Antarès pour le CNRS, la promotion des réseaux entre plateformes pétrolières. Il s’intéresse à l’histoire des télécommunications à grande distance (Du Morse à l’Internet) et ne refuse jamais de prêcher l’histoire des télécommunications au cours de conférences ou de colloques historiques.