L’Ebdo à La Seyne

Samedi 24 février, une dizaine de personnes sont venues en savoir plus sur Ebdo, le nouveau magazine des fondateurs des revues de grand reportage à succès XXI et 6 Mois. L’occasion d’obtenir quelques précisions sur un journal qui intrigue déjà beaucoup le petit monde de la presse.

Prenant la parole devant une foule de curieux à la médiathèque Le Clos Saint Louis, Raechel Isolda, coordinatrice du journal, Frédéric Legrand, journaliste basé à Marseille, et Damien Carême, représentant des lecteurs et maire de Grande-Synthe, ont éclairci le mystère sur le contenu de leur hebdomadaire du vendredi. Lancé le 12 janvier 2018, le journal casse les codes. On oublie les rubriques par grandes thématiques (économie, international, sport, culture…), la formule se veut libre, préférant les témoignages, les portraits, les associations, à l’actualité de la semaine. « Le journal n’est pas inscrit aux sources d’informations habituelles type AFP. Nos seules sources, c’est nous, les journalistes, et les lecteurs. Cela peut paraître immodeste, mais on veut faire notre actu », explique Frédéric Legrand. 

Le pari est risqué. Très risqué même. Mais Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, les deux fondateurs des revues XXI et 6 mois, ont pourtant misé gros (13 millions d’euros) pour restaurer la confiance avec les lecteurs de la presse papier. Cent pages pour seulement 3€50, sans actualité de la semaine, sans actionnaire, sans publicité. Sacrément gonflé quand on sait que la diffusion de la presse écrite n’a de cesse de plonger depuis des années, lourdement attaquée par le web et les réseaux sociaux. Un secret ? Une rédaction composée de 40 journalistes qui se veut proche de son lectorat « Aujourd’hui, nous constatons que le fossé entre les journaux d’information et les lecteurs s’est agrandi. Les journalistes s’en rendent compte. Après que le projet a été éventé, 800 candidats ont envoyé leur CV… », avoue Damien Carême. Le discours est ambitieux – arrogant, selon les détracteurs –, les objectifs aussi : 100 000 ventes hebdomadaires, abonnements et kiosques confondus, d’ici la fin de l’année 2019. 

Proposant des abonnements à 5, 10, 15, et 20 euros en fonction des moyens*, Ebdo est pensé comme un magazine à la hauteur des lecteurs, engageant un dialogue permanent avec eux. « Notamment grâce à nos outils numériques », précise Raechel. Le premier, “La Source”, offre l’opportunité de soumettre des sujets ou d’apporter une expertise. « En tout c’est prêt de 1200 sujets qui ont déjà été comptabilisé ». Le second, “La Fabrique”, présente les coulisses du métier : anecdotes de journaliste, papier qu’on ne lira jamais, offs de réunion… Pour Damien Carême, « le vrai défi est de casser la verticalité et rester proche des lecteurs ». Si Ebdo attend d’eux des idées d’articles, ils espèrent aussi qu’ils voudront bien héberger les journalistes envoyés en reportage. « C’est encore le meilleur moyen pour créer du lien et dénicher les sujets. En 40 villes, je n’ai dormi qu’une fois à l’hôtel », souligne Damien. Toute l’année, des conférences seront organisées dans les médiathèque, librairies et écoles de France. Prochaine escale, le collège L’Herminier où le journaliste Frédéric Legrand sera présent pour la semaine de la presse. 

Florian Olivieri 

*5e le prix pour ceux qui ne pleuvent pas donner plus. Bénéficie de la solidarité d’un autre abonné. 

10e le prix minimum pour qu’ebdo existe.

15e le prix normal pour financer un ebdo de qualité et indépendant.

20e le prix d’un abonnement de soutien.