La zone de rencontre, « un état d’esprit »

La Semaine européenne de la mobilité aura été un bon prétexte pour revenir sur les modalités de déplacement en cœur de ville.

« Partager pour aller plus loin » (Sharing gets you further). Le thème 2017 de la Semaine européenne de la mobilité ne pouvait mieux traduire le principe de la zone de rencontre du centre-ville. Une manière d’aborder le déplacement que les usagers ont cependant toujours du mal à appréhender. « Le respect de la réglementation n’est pas à la hauteur de l’attente », reconnaît l’adjoint délégué à la sécurité Claude Astore. Bien placé pour le constater, Patrick Ducheix, chef de la police municipale, abonde : « Il est évident qu’il n’y pas une bonne compréhension de la zone de rencontre. » C’est pourquoi ses équipes ont voulu faire preuve de pédagogie en s’inscrivant dans la manifestation, qui se déroulait du 18 au 23 septembre, pour y tenir un stand d’information. « Les règles qui s’appliquent sont différentes des codes habituels », fait en effet observer Sylvie Guérin, responsable de la Mission centre-ville. Ici, le piéton a la priorité absolue. « Le fait de se promener tranquillement nous semble vital », insiste Claude Astore. Le cycliste passe ensuite, et lui, a la possibilité d’emprunter dans les deux sens certaines voies à sens unique (signalées). Quant à la voiture, elle n’a vocation qu’à se faire discrète : rouler à 20 km/h maxi, avec l’interdiction de s’arrêter en pleine voie et de stationner en dehors des emplacements marqués.

« Le partage de l’espace, c’est un état d’esprit », commente Catherine Lamarle, organisatrice de Semaine de la mobilité pour la Mission centre-ville. D’autant qu’« avoir un centre-ville apaisé, cela fait aussi partie des éléments de sa dynamisation », relève Claude Astore. C’est pourquoi, pour tendre vers une meilleure qualité de vie, « un accroissement de la piétonisation est prévu, cela se fera par étape », annonce l’élu.

A noter que les municipaux souhaitent ouvrir la voie : « Les véhicules ne circuleront plus en zone de rencontre, sauf pour raison de service », précise le policier municipal Jean-Paul Raynard. Un papillon indiquera alors qu’il s’agit d’une intervention pour cette raison.

laurence.artaud@la-seyne.fr

Accessibilité : « Ma vie en fauteuil »

« Mets toi à ma place 5 mn » (je te prête mon fauteuil roulant)… Parce que l’espace se partage évidemment aussi avec les personnes à mobilité réduite, en l’occurrence avec celles contraintes de circuler en chaise roulante, il était proposé à chacun d’en faire l’expérience durant cette Semaine de la mobilité. Une initiative organisée avec l’Association des paralysés de France (APF). « Tant qu’on n’est pas touché par le problème, on ne se rend pas compte. » C’est la conseillère municipale en charge du handicap et de l’accessibilité, Any Baudin qui le dit. Et elle sait de quoi elle parle : elle-même circule en fauteuil roulant. Or, selon elle, « des aménagements peu onéreux peuvent améliorer la situation. » D’où l’idée de se saisir de l’initiative pour recenser les incohérences disséminées dans l’espace public (accès non adapté, mobilier urbain mal placé, trottoirs non praticables…). Ce, en amont d’un retour dans le cadre en atelier installé en mairie où devaient être validées les actions à mettre en place et les engagements pris.