La ville en vert

Jardin partagé de la rue Blanqui, coulée verte de la rue Baptistin Paul… La nature pousse en ville, une réponse à un véritable souhait des habitants. La végétalisation du centre ancien va donc se poursuivre, mais pas de manière intempestive.

« Le retour de la nature en ville, c’est une demande forte des habitants », souligne tout d’abord Cécile Chicharro, en charge de la question au sein de la Mission centre-ville. Ce souhait des Seynois s’est en l’occurrence « dégagé » lors de la consultation mise en place par l’Université du citoyen (une opération financée dans le cadre du Contrat de ville, qui se fait ici le relais des comités d’usagers et conseils de citoyens). Lors de la restitution de l’enquête effectuée, avec l’aide de l’association Amiq, dans l’idée justement de « co-construire » avec les premiers concernés un projet global pour le centre ancien, le message était très clair : « Les gens interrogés veulent mettre plus de nature, mais une nature maîtrisée. Ils ne veulent pas que ça pousse n’importe comment car ils pensent que ça inciterait à ne pas la respecter », notait le responsable de l’association Guy-Laurent Sylvestre. De plus, si les citoyens veulent voir verdir leur environnement, « ce n’est pas seulement pour le décor », relève Céline Chicharro. « Ils veulent plus de nature nourricière. » Ce qui démontre selon elle que désormais le désir d’écologie « traverse toutes les couches de la population », et dans le même temps que « les gens ont envie de mettre les mains dans la terre ».

Des propos que ne contrediront certainement pas les heureux riverains qui cultivent le jardin partagé de la rue Blanqui, fraîchement inauguré. Quelque 250 m2 de potager divisés en 12 parcelles, dont deux collectives, directement gérées par les familles. Lorsqu’elle a initié le projet, c’était en effet un objectif de la municipalité : « Permettre aux habitants de se l’approprier. » Un principe qui prévaut d’ailleurs dans la politique de végétalisation de la ville.

De la pépinière à la maturité

Depuis quelque temps, les petits jardins citadins, comme sur la place Perrin et la placette Evenos (où le potager en bac est cultivé par l’association Fées&Ries) fleurissent ainsi dans le centre ancien. De même que depuis le début de l’été, « une coulée verte » relie la place Martel Esprit et la place Perrin. Une bonne vingtaine de murs verts jalonnent en effet rue Baptistin Paul, des plantes vivaces mêlées à quelques plantes potagères. Et là encore, précise Céline Chicharro, on assiste à « une belle appropriation des habitants ».

L’écologie urbaine pousse pour l’heure par petites touches car les différentes propositions commencent par être expérimentées avant d’être implantées pour de bon. La coule verte de la rue Baptistin Paul pourrait par conséquent se répandre pour gagner d’autres axes du cœur de ville en fonction de la façon dont elle aura évolué d’ici un an.

Plus largement, et en réponse à la volonté d’un retour à la nature (mais pas n’importe comment), un diagnostic est en cours. La municipalité, qui a amorcé cette démarche l’an dernier, avait en effet lancé une consultation pour Assistance à maîtrise d’ouvrage. L’architecte paysagiste de l’Atelier Locus Paysages Nicolas Prieur accompagne ainsi les services de la ville dans la réalisation de sa trame verte. Et pour cela, le professionnel qui ne cache pas son « intérêt pour la nature méditerranéenne », a besoin de lui « trouver un sens ». Il s’agit à présent d’identifier de nouveaux espaces à « faire muter en jardins partagés » et de créer « des cheminements pavés d’îlots de verdure », explique Céline Chicharro.

laurence.artaud@la-seyne.fr