La nature des arbres se respecte

Plus d’un millier d’individus mobilisent l’attention des personnels des Espaces verts. Éclairage sur la politique d’élagage.

Si l’ombre d’un minuscule champignon a dernièrement fait craindre le pire pour les majestueux platanes du cours Louis-Blanc, elle a mis en lumière le soin apporté à toute une population : celle constituée de plus d’un millier d’individus plantés sur la commune. Analyses faites, aucun des platanes du marché provençal n’était contaminé par le chancre coloré. À la différence d’un congénère de l’avenue Rabin (par conséquent abattu selon un protocole bien défini). Composer avec les maladies fait aussi partie de la vie du service des espaces verts. Avenue Rostand par exemple, un olivier avait été atteint par la bactérie Xylella, il avait fallu entièrement repenser la plate-bande, se souvient Guilhem Bresson, à la tête du service. Il montre des points verts ou jaunes sur une carte de la ville comme autant d’arbres sur lesquels il doit veiller, soit « 80 % d’espèces méditerranéennes, mais on se permet quelques essences exotiques aux Sablettes ». « Les éléments sanitaires sont recensés sur la Banque de données urbaines et le Système d’information géographique »… Cet ingénieur horticole de formation accorde le moins de place possible au hasard, quand bien même il préconise de laisser, autant que faire se peut, la main à la nature. « A la base, un arbre n’a pas besoin d’être taillé, il éliminera spontanément ce qui l’affaiblit. On croit souvent que ça le rend plus costaud, mais c’est tout le contraire. L’élagage ne se justifie que par l’activité anthropique », explique-t-il. Sa vision est partagée par l’experte arboricultrice et urbaniste du cabinet d’études Citare, laquelle vient deux fois par an à La Seyne poser son diagnostic. « Les arbres sont une richesse pour une ville et pour ses habitants, il faut les protéger », soutient l’adjointe déléguée aux espaces verts, Denise Reverdito. Et pour cela, dit-elle, « leur taille doit se faire dans de bonnes conditions, c’est une garantie d’avoir des arbres plus sains et de mieux préserver leur avenir et donc le nôtre. » La “nature en ville” a en l’occurrence été plébiscitée lors de différentes consultations citoyennes.

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