Jean-Pierre Bonato : la passion pour moteur

Seynois de naissance et de cœur, Jean-Pierre Bonato a construit, dans l’univers du deux-roues, une belle reconnaissance dans les domaines du conseil marketing et de la réalisation d’événements, dont la Sunday Ride Classic au circuit Paul Ricard.

« J’ai appris à lire dans Moto-Journal…sans rire, je me souviens de ces trois lettres : a, g,o , ago » s’exclame débordant d’enthousiasme Jean-Pierre Bonato. Le bambin de 4 printemps découvrait alors Giacomo Agostini, le roi Ago qui défrayait à l’époque la chronique pour ses succès obtenus en Grand prix moto (l’équivalent de la Formule Un) sur des marques différentes et pour l’incroyable longévité de sa carrière. Les écrous sont vissés dès les premières minutes de la rencontre, nous avons affaire à un passionné dont les veines sont irriguées avec de la 10w60 racing 100 % synthèse, clin d’œil aux connaisseurs. « Je baigne dans l’univers de la moto depuis tout-petit et me souviens des premières balades sur le réservoir. L’année du bac, vers 17 ans, je réponds au questionnaire d’un hebdomadaire moto et suis ensuite sélectionné pour devenir un de ses pigistes en parallèle de mes études », poursuit-il. Fac de Droit à la Garde, puis Lettres Sup’, Jean-Pierre prend enfin la route du 69 et intègre une école de Communication, l’EFAP à Lyon.

La route du succès

Sorte de confirmation d’une révélation, l’homme mettra son énergie au service des entreprises dans le monde bien spécifique du Deux-roues. Il en connaît déjà les codes intrinsèques, il lui faut désormais convaincre les constructeurs de la valeur ajoutée que peuvent apporter ses conseils. La marque Aprilia arrive en France à la fin des années 80, Jean-Pierre deviendra un de ses consultants et l’aidera à s’installer sur ce marché concurrentiel. Puis les rencontres s’enchaînent, lui qui travaille sur l’image des autres voit la sienne peu à peu s’étoffer notamment grâce à ses succès en terme d’installation de produits sur des marché de niches (un petit segment correspondant à une demande particulière). Vient ensuite le montage d’événements dans les années 90. « François Chevalier, directeur historique du légendaire circuit Paul Ricard me demande d’organiser un festival auto-moto durant le mois d’août. C’est à partir de là que j’ai goûté au plaisir de mettre sur pied des manifestations comme les Journées Professionnelles de la Moto et du Scooter » se souvient-il. Mais ses amours sont sudistes, indéniablement. Son grand-père Armand qui avait fui le fascisme travaillait au Chantiers, cela crée indubitablement un lien à une communauté d’appartenance. Porter un casque empêche de prendre « le melon » : Jean-Pierre Bonato installe donc sa société J.P.B.C à La Seyne sur Mer.

La S.R.C : une passion devenue un modèle économique

Décembre 2007. Jean-Pierre Bonato a l’idée de réunir quelques passionnés de motos anciennes et de collection sur le parking attenant au circuit du Castellet. « L’idée était de rassembler le temps d’une matinée des anonymes qui pourraient discuter sereinement de leur passion autour d’un café ». La première fois, cinquante motos montrent leur gomme. Un an après, elles sont plus de 300 à se rendre à ces rencontres informelles qui finissent par éveiller l’intérêt de la direction du circuit. Jean-Pierre répond à la proposition d’organiser, cette fois dans l’enceinte et sur la piste, un we, son expertise en matière de création d’événement ayant fini par dépasser l’activité « loisir ». Aujourd’hui, la Sunday Ride Classic reçoit environ 20.000 personnes autour d’un programme réunissant courses d’anciennes, salons constructeur, gloires d’hier et d’avant hier etc. « C‘est pour moi un rêve de gosse de pouvoir côtoyer des légendes vivantes comme Ago, Spencer, j’en ai la chair de poule » termine-t-il en découvrant son bras. Pionnier infatigable, Jean-Pierre Bonato vient de présenter en septembre un nouveau concept d’événement qui se déroule à Barcelonnette. Une manifestation autour de l’idée du tourisme à moto en France, un projet sur lequel il travaille depuis trois ans. Et à La Seyne sur Mer ?

Jean-Christophe Vila