« Je suis fier de la dignité et de l’unité de nos concitoyens »

Le maire, Marc Vuillemot, revient sur les tragiques événements du 13 novembre. Il salue la réaction des Seynois, des forces de l’ordre et des autres agents du service public, souligne l’urgence du renforcement, de la revitalisation de l’Ecole et du tissu associatif. Dans « l’unité républicaine », sur l’impulsion de l’Association des maires de France, il ouvre un « chantier » sur la laïcité au quotidien, dans la gestion communale…

Le Seynois : Quelques semaines après l’acte de barbarie du 13 novembre, quels sont vos sentiments, vos préoccupations ?

Marc Vuillemot : Comme la plupart des Français, j’ai reçu de plein fouet le choc et le sentiment de deuil partagé, de tristesse, de solidarité à l’égard des victimes et de leurs proches. La colère et la révolte, en tant que citoyen. Et bien sûr ma responsabilité d’élu, de maire : le souci de la sécurité de mes concitoyens. Concertation avec les autorités de l’Etat, mesures prises pour les écoles, mobilisation de nos services, que je tiens à féliciter pour leur disponibilité, leur sens du devoir, avec notamment nos policiers municipaux, se mettant spontanément à la disposition du service public…

L.S. : Lors du week-end des 14 et 15 novembre, vous avez décidé de ne pas annuler de manifestations publiques, notamment le match de rugby La Seyne-Aubenas…

M.V. : Oui. Ce jour-là, l’émotion était immense, mais j’ai ressenti, avec fierté, la dignité, le calme et le courage de mes concitoyens. Nous avons eu raison, les dirigeants du club et la municipalité, de maintenir ce qui aura été, finalement, le premier et très émouvant moment de recueillement collectif seynois. Comme partout en France, nous avons montré que la vie ne cédait pas la place à la peur ou au repliement sur soi…

L.S. : Comment ressentez-vous l’état d’esprit des Seynois ?

M.V. : Depuis le 13 novembre, j’ai assisté, comme je le fais toujours, à de nombreux de moments de vie citoyenne, culturels, sportifs, sociaux, et j’ai vécu chaque fois des moments d’émotion partagée… Dans des périodes comme celle que nous vivons, la nécessité vitale de cette vie associative saute aux yeux. Nous y puisons de la force, des raisons d’espérer. Notre démocratie, notre République doit mieux soutenir que ce qu’elle le fait ces espaces éducatifs et de vivre-ensemble.

L.S. : On vous a vu, le mercredi 19, présent parmi les maires de France à Paris…

M.V. : Bien sûr. J’ai tenu à témoigner de l’attachement de mes concitoyens aux valeurs de la République que nous défendons et essayons de faire vivre. J’étais présent aussi en tant que président de l’association des maires « Ville et banlieue ». L’enjeu est d’importance dans nos 1500 quartiers populaires de métropole et d’outre-mer.

L.S. : Quelles réflexions pour l’avenir ?

M.V. : Les solutions sont multiples et elles ne sont pas seulement locales. Ni seulement intérieures au territoire, c’est l’évidence. Mais l’éducation, le renforcement et la revitalisation de l’Ecole, en même temps que son ouverture sur son environnement, la cohésion sociale, le respect de la laïcité… Nous devons nous pencher sur toutes ces questions…

L.S. : Concernant la laïcité, l’association des Maires de France a lancé un « chantier »…

M.V. : Oui, et elle a publié récemment une sorte de « guide de bonne conduite », issu de plusieurs mois de travaux d’élus de toutes les sensibilités républicaines. Je précise que la démarche a été lancée il y a plus d’un un an, bien avant les tragiques événements de janvier et du 13 novembre. De quoi s’agit-il ? Nous sommes appelés à réfléchir, dans chaque coin de France, aux choix que nous faisons en matière de laïcité dans nos gestions communales. La Seyne n’échappera pas à l’obligation de s’interroger. Je souhaite que nous le fassions dans la même unité républicaine que celle qui a prévalu entre maires de France le 19 novembre à Paris. Une réflexion et une action non seulement entre élus municipaux, mais également avec les forces vives de notre territoire. Je vais, très vite, faire des propositions en ce sens. Pour que, chez nous comme ailleurs, pleinement et sans la moindre faille, vive la République.