Des associations seynoises se fédèrent pour défendre les contrats aidés

La réduction du subventionnement par l’État des emplois d’avenir et des contrats uniques nuit gravement à l’action des structures associatives intervenant dans le domaine socio-éducatif.

A la Maefe (Maison associative enfance famille école), ce ne sont pas moins de 4 emplois aidés sur 6 qui disparaissent. C’est l’implacable traduction, pour cette seule association, de la forte baisse du financement par l’État des contrats aidés* telle que la prévoit le projet de loi de finances 2018 du Premier ministre. Autant dire que « l’hiver s’annonce difficile pour le monde associatif », qui œuvre notamment dans les domaines de la petite enfance, de l’insertion ou encore du socio-éducatif, comme le souligne Estelle Gaudry, directrice de la Maefe. Bref, un coup porté qu’elles ne pourront certainement pas parer faute de moyens. « Pour un emploi d’avenir à 35 heures par semaine qui coûtait 6000 euros par an à l’association, il nous faudrait à présent mobiliser 22.000 euros », argumente-telle.

Et c’est sans compter l’effet cascade : la réglementation prévoit un taux d’encadrement d’un animateur pour 12 enfants lorsqu’ils ont plus de 6 ans, d’un animateur pour 8 enfants quand ils ont moins de 6 ans. Or, le calcul est simple : « Avec moins d’animateurs, on accueille moins d’enfants. Et si nous accueillons moins d’enfants, nous recevons moins de subventions, explique Estelle Gaudry. C’est le serpent qui se mord la queue ! »

Le Préfet et la députée interpellés

C’est pourquoi la responsable de cette structure, qui agit au quotidien sur le terrain à Berthe, a lancé un appel auquel ont immédiatement répondu dix autres associations seynoises** dont l’action est non moins essentielle à la cohésion sociale, à Berthe comme en centre-ville. Les onze structures se sont ainsi fédérées en collectif pour alerter sur l’effet contre-productif d’une telle mesure « prise sans préavis ni concertation ». Elles ont signé ensemble un courrier adressé cette dernière semaine de septembre au préfet du Var, à la députée Émilie Guérel et au sénateur Pierre-Yves Collombat. Et selon Estelle Gaudry, « ça ne fait que commencer ». A moins que le tir ne soit rectifié.

Sinon, le maire Marc Vuillemot est le premier à le déplorer : « Des pans entiers de l’activité locale vont être scandaleusement fragilisés, sinon réduits à néant. ». Car, relève-t-il, les emplois aidés, « ce sont des emplois indispensables pour l’accompagnement des efforts des enseignants, pour les accueils des tout-petits dans les crèches, pour l’éveil aux activités sportives, pour l’animation socio-éducative préventive des déviances des jeunes en rupture, pour les services à la personne, pour l’aide aux handicapés, ou encore pour le soutien aux femmes en difficulté ».

laurence.artaud@la-seyne.fr

*Emplois d’avenir pour 16-25 ans peu ou pas qualifiés, contrats uniques d’insertion (CUI) pour les personnes sans emploi et rencontrant des difficultés d’accès à l’emploi.

**L’Amiq, l’Omase, la Maefe, le centre social et culturel Nelson-Mandela, l’association Foyer Wallon-Berthe, Nouvel horizon, Femme dans la cité, L’île aux enfants, La Farandole, Univers-Cité et Delta Sud.