Cinema Paradiso

Forte de ses atouts climatiques avec 300 jours de soleil par an, la ville commence à se construire une visibilité et une crédibilité aux yeux du monde du 7e art. On rembobine ! 

La Seyne a su séduire. Avec ses marchés, ses forts, ses plages et ses 25 km de côtes, la ville marque les esprits. Son littoral a même émerveillé George Sand au point qu’elle le qualifie de « paradis terrestre ». Ouverte sur la Méditerranée et sur la plus belle rade d’Europe, cette station balnéaire, marquée par ses 278 ans de construction navale, peut aussi s’appuyer sur son magnifique massif boisé, le Cap Sicié, et son centre ancien pour conserver le caractère pittoresque et authentique des villes de Provence. Louis de Funès y fait trempette dans “Le petit baigneur“. Gérard Jugnot, son jogging, dans son dernier film “C’est beau la vie quand on y pense“. Marion Cotillard y est tantôt une femme passionnée par un lieutenant blessé pendant la guerre d’Indochine, tantôt une jeune maman sans repère qui laisse sa fille livrée à elle-même. 

Depuis “Pierrot le fou“ le célèbre film tourné par Jean-Luc Godard en 1965, La Seyne entretient une relation étroite avec le cinéma. « Ça ne me surprend pas si La Seyne-sur-Mer est de plus en plus sollicitée » avoue Michel Brussol, directeur de la Commission du Film du Var. En 2018, c’est le téléfilm de Christophe Charrier “Game Boy“ qui sera diffusé sur Arte ou encore le premier film de Vanessa Filho, “Gueule d’ange“ avec Marion Cotillard et Alban Lenoir. Tourné sur le site d’Ifremer, le film “Submergence“ de Wim Wenders sera, lui, dans les salles en avril prochain. « C’est l’un des décorateurs du “Mal de pierres“, de Nicole Garcia, qui a dit à l’équipe de Wim Wenders d’aller voir la mairie de la Seyne. » Car pour Michel Brussol, le bouche à oreille reste le meilleur marketing. « Depuis 2009, la Ville a mis en place une véritable stratégie de valorisation de son patrimoine et les productions ont de bons retours sur le travail de nos services » affirme Marc Bazzucchi, en charge de l’accueil des équipes de tournage, avec Patricia Maffiolo.

 Et les tournages s’enchaînent

Dans le film “Coup d’éclat“, Catherine Frot cherche le petit Ilan sur les toits de la cité Berthe. On reconnait le Fort Napoléon, dans « Blanche », avec Lou Doillon et Gérard Depardieu. Le réalisateur Jacques Maillot, lui, avait choisi le magasin général et le môle d’armement pour son film “La Mer à boire“ avec Daniel Auteuil. En juillet 2014, Pierre Niney avait même fait exploser sa BMW blanche en haut du Mai. « Nous avons dû nous assurer que les pompiers pourraient suivre avec leurs lances à eau, en cas de départ de feu ». La marque bavaroise a d’ailleurs réalisé un spot publicitaire sur notre corniche merveilleuse. Et elle n’est pas la seule. BMW, Renault, Fiat. Elles sont nombreuses à miser sur ce site très prisé. « Le Var a été le département précurseur des Commissions du Film en France et en Europe. Aujourd’hui, on attire en moyenne près de 200 production par an » rappelle Michel Brussol. Et si la ville s’organise pour accueillir des équipes de tournage, c’est parce que les retombées économiques sont souvent considérables. « On pense au commerce seynois et on les guide pour acheter et consommer local » appuie Marc Bazzucchi. Pour le tournage du film “Submergence“, le Kyriad a bénéficié de 60 nuitées, la Frégate 14 et les Rives d’Or 10. Environ 70 000 € ont été dépensés sur place. Avec la pub Renault, tournée sur la corniche merveilleuse, la production a investi 4 000 € pour remettre à neuf la grande place. L’école Malsert, qui a hébergé la série de France 2 “La Cour des grands“, a reçu un chèque de 3 000 € pour acheter des livres aux enfants, du matériel vidéo et des tapis. 

Un million d’euros

Depuis 2009, on évalue les retombées économiques sur la Ville à environ un million d’euros. « Nous ne réclamons pas de taxe d’occupation du domaine public, mais en contrepartie, nous demandons que les productions fassent un don à des associations caritatives, et qu’elles prennent en priorité des figurants et techniciens seynois ». Des Seynois, de plus en plus nombreux à voir leur nom figurer au générique, qui sont fiers de regarder leur ville sur grand écran.

Florian Olivieri