Budget 2018 : “Nous ne lâchons rien !”

Malgré les contraintes, la Ville garde le cap d’un développement maîtrisé : gestion rigoureuse, efforts pour le centre-ville, travaux de proximité, de voirie, grands équipements construits ou rénovés.

Le Seynois : Comment peut-on résumer les grands enjeux du budget 2018 ?

Marc Vuillemot : Nous ne lâchons rien : – pas de hausse des impôts, – un redressement des finances, – des dépenses bien ciblées pour soutenir le développement de la commune, qui est en bonne voie…

Le Seynois : Le budget de La Seyne est-il plus difficile à boucler que celui d’autres villes ?

Marc Vuillemot : C’est une évidence, et cela ne doit pas nous faire honte ou nous paralyser, mais nous inciter à nous battre. Et cela devrait pousser les pouvoirs publics à plus de solidarité. Il faut parler vrai : depuis de longues années, La Seyne fait partie de ces villes françaises confrontées à la pauvreté d’une bonne partie de leur population, et à une situation financière rendue difficile à la fois par la crise et par les baisses continues des dotations de l’Etat…

LS : Malgré cela, la ville fait son chemin et vous gardez votre optimisme…

Marc Vuillemot : Un optimisme raisonné, oui. Les citoyens, les associations, les acteurs économiques et commerciaux, les agents du service public : tout le monde retrousse les manches, se donne du mal. Il faut soutenir ces efforts. Si l’État continue à ignorer ces réalités, ici comme ailleurs, je le dis : la République court à la catastrophe.

LS : La Loi de finances 2018 exige que certaines villes, dont le budget dépasse 60 millions d’euros, signent un contrat avec l’État. Ce contrat les obligerait à limiter l’augmentation de leur budget à 1,2 %. Faut-il signer ?

MV : Ce sera “non”, si l’État reste aveugle à la réalité de notre situation. Malgré notre bonne gestion, maintes fois reconnue par les services de l’État eux-mêmes, cela pourrait nous pénaliser de 386 000 € ! C’est rajouter de la difficulté à la difficulté !

LS : C’est une injustice ?

MV : C’est injuste et anticonstitutionnel ! Cette limitation concerne 322 communes en France (sur 36 000). Dans le Var, La Seyne, Fréjus, Hyères et Toulon ont cette obligation. C’est donc une inégalité évidente de traitement ! On demande à une ville comme la nôtre, qui accueille des populations en difficulté, de faire un effort supplémentaire et on ne demande rien à telle ou telle commune voisine, au prétexte que son budget n’atteint pas le seuil fixé à 60 M€ !

LS : Pourtant depuis des années déjà, La Seyne a considérablement réduit ses dépenses…

MV : Hors personnel, ces dépenses ont été ramenées à leur niveau de 2002 ! Nous avons fait chuter de 30 millions d’euros la dette de la Ville ; son délai de remboursement est passé de 96 ans, avant 2009, à 18 ans aujourd’hui.

LS : Même les dépenses de personnel, qui sont une part importante du budget, ont été réduites…

MV : Oui, nous y avons été contraints. D’ailleurs, nos effectifs ont baissé, notamment par le non remplacement des départs à la retraite. Mais lorsque au niveau national, l’indice du salaire des fonctionnaires est augmenté (ce qui est une bonne chose), cela fait augmenter le budget communal ! L’augmentation d’une année sur l’autre, malgré les efforts (on l’a limitée à 1,4 % cette année, contre 4,5 % en 2014), vient aussi de l’évolution au fil de la carrière professionnelle : expérience acquise, formation continue, ancienneté… Tout cela est normal et juste !

LS : Malgré toutes les contraintes, la Ville fait un effort d’investissement…

MV : Oui, nous sommes passés de 12,5 M€ l’an dernier à 17 M€ cette année. Nous faisons avancer la ville, avec par exemple : – la première phase de la création du cimetière de Camp Laurent (0,9 M€), la part communale des travaux pour l’Atelier mécanique/cinéma (0,6 M€), le nouvel Espace jeunesse et sports et la salle Tisot (3,5 M€), – le centre-ville, le projet de valorisation des terrasses du port, -le gymnase Baquet, etc. (2,3 M€), – la voirie hors centre-ville (3,1 M€), – Les bâtiments communaux : écoles, culture, sport (1,1 M€) – des entretiens/aménagements sur le parc Braudel, La Navale, La promenade Charcot, les plages à Mar Vivo, aux Sablettes (1,3 M€) – Les espaces publics au Nord, co-financés par le Plan de rénovation urbaine (PRU) de Berthe (1,7 M€).

LS : Vous allez rencontrer les Seynois…

MV : Comme je l’ai régulièrement fait depuis 2008, je vais consacrer les prochaines semaines à des réunions publiques (voir encadré ci-contre) dans les quartiers pour expliquer nos choix, réfléchir ensemble aux difficultés et aux solutions.

LS : Au sein de la Métropole, quel est l’avenir de La Seyne ?

MV : La Seyne est une chance et un espoir pour la Métropole. L’un de ses pôles de développement essentiels. Notre ville avance, en harmonie avec ses voisines. Les Seynois se mobilisent, par exemple, pour que le cinéma soit enfin réalisé. Bravo à eux ! Ils ont bien raison de garder espoir… Avec mes collègues élus, je me tiens à leurs côtés, pour faire valoir nos choix au sein du pôle de développement métropolitain. C’est tout le sens d’un budget résolument offensif, en dépit des contraintes.

Baisse de la Dotation globale de fonctionnement (DGF) et augmentation de la population

Désengagement de l’Etat
« Plus on a d’habitants et plus la dotation baisse », constate le maire. Les trois dotations de l’Etat, Dotation globale de fonctionnement (voir schéma), Dotation de solidarité urbaine et Dotation nationale de péréquation sont en baisse constante.

Fin de la Taxe d’habitation
Le Gouvernement s’est engagé à compenser sa disparition d’ici 2020. A La Seyne, 85 % des foyers fiscaux vont être exonérés de taxe d’habitation. Et si l’État ne compensait pas ?

Les finances, parlons-en !
4 réunions publiques dans les quartiers
• Sud : Samedi 5 mai-9h30
Maison Saint-Georges
• Nord : Samedi 19 mai-9h30
Complexe sportif Léry
• Centre-ville : Samedi 9 juin
9 h30 – Hôtel de Ville
• Ouest : Samedi 16 juin-9h30
Espace Eugénie Cotton