Berthe : la mosquée inaugurée

Le 17 décembre dernier, les musulmans seynois ont inauguré leur mosquée, avenue Bartolini.

Son coût, de plus de 2 millions d’euros, est entièrement couvert par des dons de fidèles varois. 1 000 à 1 500 pratiquants fréquentent les lieux chaque vendredi. Entamés voilà dix ans, les travaux s’achèvent et offrent un lieu décent pour le culte des musulmans de l’Ouest-varois. Karim Bouchkara, enseignant, est le président de l’association gestionnaire. Les Imams Ahmed Em Hasnaoui et Abdelali Kaalab y officient.

Le conseiller municipal, Pierre Poupeney, représentait le maire. Voici son intervention :

« Cette inauguration est un moment important. Important pour la vie du quartier et pour la ville. En effet, elle met fin aux salles inadaptées, cachées ou réprouvées. Elle est, au sens propre, une mise en lumière. Entendez une mise au grand jour, à la vue et au su de tous. Car, en effet, il n’y a rien à cacher, ni sa foi, ni ses opinions…. « Nous voulons un ordre des choses où toutes les passions basses et cruelles soient enchaînées… » disait un révolutionnaire de 1789.

« Cependant, nous faisons un triste constat : les gens se ressentent seuls. Qu’ils soient situés en périphérie ou îlotiers des centres villes désertés, ils sont dans une situation de pauvreté, pauvreté des ressources ou pauvreté des relations. Certains expriment leur révolte dans le vote populiste ou dans le fondamentalisme.

« Le danger est là.

« Si les citoyens ont le sentiment de ne plus être écoutés, et encore moins représentés, s’ils ont le sentiment d’être délaissés, en matière économique et sociale… la vraie défaite serait de se mettre à se comporter comme une minorité identitaire.

« A l’inverse d’imaginer que l’émancipation résiderait en un combat contre des ennemis désignés : l’étranger, l’immigré, le réfugié…, il conviendrait plutôt de retendre le tissu humain, de la périphérie et du centre, et de ne pas se replier dans sa bulle.

« Il faut multiplier les registres d’expression de la volonté générale, élargir les modalités de la représentation, développer de nouvelles formes de délibération publique.

« C’est tout l’enjeu des comités citoyens et c’est l’espérance d’une meilleure compréhension de ce qu’un particularisme, une foi, est inclusif du sentiment premier d’appartenir à la nation française, d’être un citoyen français, d’obéir aux règles de la République, d’assumer ses devoirs.

« Robespierre l’exprimait ainsi : « Fanatiques, n’espérez rien de nous… Que la liberté des cultes soit respectée, pour le triomphe même de la raison ; mais qu’elle ne trouble point l’ordre public, et qu’elle ne devienne point un moyen de conspiration…« 

« Je ne doute pas que vous vous inscrivez dans cette résolution. Recevez mes vœux de confiance et d’encouragements. »