Aide aux migrants : pallier les déficiences de l’Etat

L’association Attac Var a convié des collectifs varois d’aide aux migrants à la bourse du travail le 17 mai. But : présenter aux Seynois le rôle essentiel de ces associations qui, au quotidien, et sans aucune aide de l’Etat ni subvention, viennent en aide à ceux qui fuient la guerre et la misère

Tous migrants, nous sommes tous des migrants.

Oui ! Car l’Europe s’est construite au gré des migrations. La première fut celle des Homo-Sapiens (nous), qui, il y a quelques dizaines de milliers d’années à peine, sont venus d’Afrique pour « coloniser » l’Europe. Là, ils rencontrent les seuls Européens de souche de l’histoire, l’Homme de Néandertal. Néandertal, dans sa grande humanité n’a pas chassé Homo-Sapiens hors de ses terres. Au contraire, ils les ont accueillis et même, aimés. Puisque d’après les toutes dernières recherches génétiques, quelques gènes de Néandertal sont toujours présents dans l’ADN des Européens, le nôtre.

Repoussés, mis en esclavage ou, sur le trottoir

Mais les temps ont changé. Si Neandertal accueille Homo-Sapiens avec humanité, on ne peut pas en dire autant des Européens d’aujourd’hui. Aux confins de l’Europe, on construit des murs pour les repousser. Dans les pays de l’Est, où ils sont sans cesse repoussés, on les prostitue. Pire, en Libye, on les met en esclavage. En France, rien de tout ça, mais certains n’en veulent juste pas.

A Saint-Elme, l’accueil prochain d’une trentaine de migrants mineurs par les Apprentis d’Auteuil, fait frémir toute la classe politique de droite, jusqu’aux bancs de « les Républicains », qui affirment que « Les habitants du Sud de la ville, et notamment ceux de Saint-Elme méritent mieux sur ce site ». A l’instar des nazis, qui en novembre 1938, décidaient qu’ils méritaient mieux que des juifs pour voisins. Prélude à la Nuit de Cristal.

A Tourves et à Brignoles, on apprécie les migrants

« La différence fait peur, expliquait un militant du collectif migrants 83,  Preuve en est, à Tourves dans le Var, la population s’était manifestée contre le projet d’accueil dans leur commune. De grosses manifestations ont été organisées en collaboration avec des partis d’extrême droite et des collectifs identitaires. Aujourd’hui, le village est heureux de les avoir. Les habitants les aident et sont très solidaires. Je suis sûr qu’à La Seyne, c’est ce qu’il se passera. Quand les habitants connaîtront ces ados, ils les adoreront et les protégeront, comme à Tourves et, à Brignoles aussi où la même histoire s’est passée ».

Un paire de chaussettes, un sourire…

Pour les associations présentes, comme L’autre c’est nous, La Cimade, SOS Méditerranée ou encore le collectif Migrants 83, cette réunion était aussi l’occasion de recruter des bénévoles et d’expliquer leurs actions au quotidien. « L’Etat fait tout pour qu’on rejette les mineurs isolés, explique encore le militant. La préfecture leur prend leurs papiers, et ne leur rend qu’à leur 18 ans, afin de les reverser dans l’illégalité et permettre leur reconduite à la frontière, au mépris de la loi sur l’accueil des mineurs dans notre pays. Et quand l’Etat légalise leur entrée, sous l’effet des associations qui oeuvrent dans ce sens, la préfecture leur demande des documents hallucinants, comme par exemple, leurs trois derniers certificats de scolarité de leur pays d’origine ».

Les aider ? Oui mais comment ? « Ils sont déjà là, dans les rues de Toulon depuis des années, assure le père Jean-Jacques de la paroisse de Toulon. Ils ont besoin de tout, mais aussi de pas grand chose : une paire de chaussettes, un câble pour leur téléphone, une couverture, une après-midi au cinéma, un tournoi de boules, un sourire… »

« Je les héberge chez moi depuis 2 ans »

A la paroisse de Toulon, depuis deux ans, le père Jean-Jacques a mis des matelas par terre pour accueillir de jeunes migrants. Mais il n’y a pas que les religieux et les associatifs qui se mobilisent. Une retraitée très touchante, présente à la réunion prenait la parole en fin de séance : « Quand je vois les propos de haine sur les réseaux sociaux disant « puisque vous aimez tant les migrants, prenez-les chez vous ! » Eh bien moi, c’est ce que je fais. Depuis 2 ans, j’héberge des migrants chez moi et je vis seule. Je fais ce que je dois faire, comme l’ont fait les Justes de France à une certaine époque ».

Si vous voulez, comme votre ancêtre Néandertal, venir en aide à ces hommes, femmes et enfants qui ont tout perdu, n’hésitez pas à prendre contact avec ces associations ou le collectif Migrants 83, qui vous inscriront sur la Fram List. Une liste de bonnes âmes qui prennent de leur temps et de leur argent pour se comporter comme des… humains.

sylvette.pierron@la-seyne.fr

Le reportage de Var Azur TV